Un film de David Mackenzie.
Un étrange fléau se répand sur la planète, privant les humains de leurs cinq sens, l’un après l’autre, en commençant par l’odorat. Confrontés à cette calamité, un homme et une femme, le premier cuisinier, la deuxième scientifique, se rencontrent, s’aiment et luttent pour sauver leur amour du désastre.
Tel est le pitch d’un film qui suscite un peu d’intérêt du fait de la présence de ce couple vedette, joué par les charismatiques Ewan McGregor et Eva Green. Tous deux sont beaux et émouvants, sans nul doute, et leurs scènes intimistes ne laissent pas indifférents. Ils se battent, comme ils peuvent, pour sauver du néant un amour naissant et déjà menacé par une calamité qui les dépasse.
Malheureusement, hormis cet aspect intimiste et assez touchant, le film s’enfonce dans une soupe à connotation philosophique totalement indigeste. Il est difficile, voire impossible, de faire du bon cinéma quand on a l’obsession d’y injecter de grandes idées sur l’humain et son devenir, preuve en est donnée une fois de plus.
Ici, dès qu’il est question du mal qui frappe l’humanité, tout sonne faux, tout semble artificiel, illustratif, incohérent. C’est tellement vrai que le réalisateur tente maladroitement de sauver le peu de crédibilité du film en y introduisant, assez régulièrement, une voix off pontifiante chargée d’expliquer ce qui est en train de se passer. Ce procédé malhabile montre surtout l’embarras d’un réalisateur empêtré dans un scénario qu’il ne maîtrise pas, mais qu’il cherche vainement à illustrer avec quelques scènes chocs, pour la plupart incongrues.
Ainsi, lorsque, après avoir perdu l’odorat, l’humanité s’apprête à perdre le goût, voici que tout le monde sur terre, au même moment, se trouve pris d’une fringale irrésistible qui fait se goinfrer les gens avec tout ce qui se trouve à leur portée. La séquence est évidemment impressionnante, mais elle manque totalement de crédibilité. Pourquoi cette fringale qui frappe tous les humains au même moment alors que l’on nous explique, d’autre part, que le fléau se répand progressivement d’un pays à l’autre et d’un continent à l’autre ?
Les scènes finales du film, quant à elles, m’ont semblé particulièrement fabriquées, illustratives, chargées de grandes idées qui ne tiennent pas debout. Le réalisateur nous montre une humanité au bord du chaos le plus total, livrée au pillage et à la violence, puis, par la grâce de la fameuse voix off, une autre humanité qui cherche à s’accommoder du mal qui la ravage. Exit le chaos. Comme s’il suffisait d’énoncer, d’une voix lénifiante, quelques slogans moralisateurs sur ce qu’est l’humain pour changer le cours des choses et passer du chaos à l’acceptation, voire à la sérénité. Mais ces scènes sont à l’image d’un film bancal, grandiloquent et, en fin de compte, plutôt grotesque.
3/10
Luc Schweitzer, ss.cc.
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PERFECT SENSE - BANDE ANNONCE VOSTF
PERFECT SENSE, un film de David Mackenzie Avec Ewan McGregor et Eva Green Sortie en salles le 28 mars 2012 (c) Pretty Pictures
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