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ET LA FÊTE CONTINUE !

Un film de Robert Guédiguian.

 

Après son voyage au Mali (Twist à Bamako) de l’an dernier, c’est avec joie que l’on retrouve Robert Guédiguian dans sa ville-fétiche, celle où il a déjà tourné tant de films, Marseille, avec, bien évidemment, le trio d’interprètes fidèles entre les fidèles, Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin et Gérard Meylan. De plus, cette fois, c’est sous l’égide du poète entre les poètes, Homère, dont le buste s’élève sur une colonne dans une rue de la cité phocéenne, que tout se déroule, Homère qui était aveugle certes mais pas sourd. Or, précisément, c’est au son de bruits terrifiants que s’ouvre le film, ceux de deux immeubles vétustes qui, faute d’entretien, s’écroulent et engloutissent des vies.

C’est autour de ce dramatique événement que se nouent les intrigues du film, à commencer par un nombre important de militants occupant une église et œuvrant pour secourir les mal logés de la ville. Parmi eux, l’on repère Alice, jouée par une actrice douée mais trop rare sur grand écran, Lola Naymark, Alice qui, entre autres occupations, fait répéter à un groupe vocal une chanson d’Aznavour (Emmenez-moi). Pas loin d’elle, se trouve Sarkis, son amoureux, joué par un Robinson Stévenin qui, à mon avis, en fait un peu trop dans son registre enamouré. Toujours est-il que la proximité de ces deux tourtereaux occasionne la rencontre de Rosa (Ariane Ascaride), la mère de Sarkis, et de Henri (Jean-Pierre Darroussin), le père d’Alice, rencontre qui se solde également par un amour partagé. Ajoutons à ces personnages le deuxième fils de Rosa, Minas (Grégoire Leprince-Ringuet) qui se demande s’il ne serait pas mieux à sa place en Arménie, sans oublier Tonio (Gérard Meylan), le frère de Rosa, ainsi que Laetitia (Alicia Da Luz Gomes), une collègue infirmière de Rosa.

Cela fait beaucoup de monde et il y a de quoi s’y perdre. Eh bien, c’est justement le défaut de ce film que de s’éparpiller dans trop de directions, comme les grains de poivre que Rosa a laissé tomber sur le sol de sa cuisine. Ce défaut est réel mais il est diminué par les élans de générosité dont tout le film est imprégné. Autant les histoires amoureuses des uns et des autres paraissent convenues, autant les engagements des personnages, leur militantisme, font mouche. C’est cet aspect qui fait la force du film. Il y a comme une amertume qui se manifeste quant au militantisme purement politique, celui des partis de gauche qui sont incapables de faire cause commune. Mais, en dépit de ce découragement, il y a surtout, dans ce film, le formidable élan de solidarité de ceux qui refusent la fatalité, qui ne veulent pas qu’on soit englouti dans la précarité et sous les décombres des immeubles qui s’écroulent. A cause de ce dévouement, de cette profonde humanité des personnages, ce film mérite amplement d’être vu et apprécié.   

7/10

 

                                                                                                   Luc Schweitzer

Tag(s) : #Films
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