Un film de Ji Zhang
Tourné en 2021, ce film chinois n’arrive sur nos écrans qu’après un long délai dû non pas à son éventuelle médiocrité mais à la censure exercée par les autorités de Pékin pour qui il renvoie une image trop sombre, trop dépravée de la Chine. En fin de compte, si l’interdiction a été levée, c’est parce que le réalisateur a eu l’idée de rajouter, juste avant le générique de fin, un carton précisant que tous les protagonistes du film s’étant rendus coupables de transgression de la loi ont été traduits en justice et punis. La morale est sauve, le film peut donc être projeté sur les écrans du monde entier.
Il va sans dire que ce procédé hypocrite ne modifie en aucune façon la teneur d’un film particulièrement sombre dont l’action se déroule sur deux époques, 1997 et 2005. Le scénario, qui donne parfois une fâcheuse impression de confusion, tourne autour d’une affaire criminelle, les meurtres en série de chauffeurs de taxi, tout en s’attachant à en dépeindre le contexte, celui d’une Chine en voie de mutations économiques avec, entre autres, des fermetures d’usines qui laissent des travailleurs sur le carreau.
Deux personnages se détachent : Li Fei, une jeune femme issue d’un milieu défavorisée, et le garçon qu’elle aime, Zhuang Shu. La première essaie de persuader le second de partir avec elle pour le sud de la Chine, région en plein boom économique où l’on peut espérer des lendemains meilleurs. Mais, huit ans plus tard, tous deux n’ont pas quitté leur région d’origine et Zhuang Shu, qui est devenu policier, entreprend, sans l’accord de sa hiérarchie, de rouvrir l’enquête non élucidée des meurtres de chauffeurs de taxi.
Comme dans la plupart des films policiers ou des films noirs, l’intrigue criminelle sert surtout de prétexte pour mettre en évidence les failles de la société, en l’occurrence une société qui ne cesse d’aggraver les inégalités et les injustices. La Chine s’engouffrant dans le capitalisme le plus effréné ne peut que creuser toujours plus les différences. Deux personnages du film en sont la parfaite illustration : d’une part, le père de Li Fei, travailleur ayant perdu son emploi et vivant dans la précarité ; d’autre part, le père de Zhuang Shu qui, lui, a su profiter de la situation, ne se faisant aucun scrupule à manœuvrer et à traficoter pour s’enrichir. On comprend pourquoi les autorités chinoises ont mis autant de temps à accorder leur sésame à ce film.
6,5/10
Luc Schweitzer
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Des Feux dans la Plaine : bande-annonce (Zhang Ji)
L' actualité cinéma et les critiques sont sur CinéDweller.com https://cinedweller.com/ un film de Zhang Ji avec Dongyu Zhou, Haoran Liu, Hong Yuan, Ting Mei, Yulai Lü, Minghao Chen Chine, 1997....
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