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TE DEUM POUR NOTRE-DAME

Une œuvre musicale de Thierry Escaich.

 

Après plus de cinq ans de travaux, le 8 décembre 2024, la cathédrale Notre-Dame de Paris rouvrait ses portes, livrant aux regards cette inaltérable beauté que les flammes n’avaient pu faire disparaître, une cathédrale certes visitée par des flots de touristes mais aussi et surtout renouant avec ce pour quoi elle fut érigée : la glorification de Dieu manifestée par la liturgie, la prière, le chant. Pour que cet événement fût célébré dans sa plénitude, pour que la renaissance de Notre-Dame fût accomplie, il convenait d’y exécuter un chant de louange, une hymne d’action de grâce, celle dont l’Eglise se pare aux grandes occasions, le Te Deum. Mais plutôt que de simplement chanter l’hymne en grégorien ou de faire interpréter une composition ancienne comme le Te Deum de Marc-Antoine Charpentier, c’est à un compositeur et organiste d’aujourd’hui que furent demandées l’écriture et la réalisation d’une œuvre originale.

C’est le 12 juin 2025 que les murs de Notre-Dame résonnèrent au son du Te Deum composé par Thierry Escaich, une œuvre grandiose interprétée par l’orchestre symphonique de la Radio de Francfort, le chœur NFM de Wroclaw et la maîtrise de Notre-Dame sous la direction d’Alain Altinoglu, avec Thierry Escaich en personne au grand orgue. Cette œuvre étant à présent disponible à l’écoute sous forme de cd ou sur les plateformes de streaming, nous pouvons en apprécier la puissante beauté.

Comme il l’avait fait pour Le dernier Évangile, une autre de ses œuvres, Thierry Escaich a conçu et élaboré le texte de son oratorio avec l’écrivaine et poétesse Nathalie Nabert, sans omettre l’hymne latine qui est distribuée sur l’ensemble de l’œuvre, en quatre parties. Nuit de feu, la première partie, évoque l’incendie qui ravagea le glorieux vaisseau de pierre. Mais vient bientôt la deuxième partie, Anges de lumière, ponctuée, entre autres par le texte du Cantique des Trois Enfants dans le livre de Daniel, manière d’indiquer que l’espérance ne saurait mourir. Précisément, la troisième partie, Le Vaisseau marial, rappelle combien Notre-Dame marqua au plus profond bien de ses visiteurs, au nombre desquels l’on peut compter saint Louis, Victor Hugo, Huysmans, Ozanam, Péguy et Claudel. Enfin, dans La Flamme percera, quatrième partie, l’œuvre culmine avec, entre autres, une voix d’enfant exprimant l’espérance plus forte que tout. Ajoutons à cet ensemble deux interludes confiés à l’orgue.

Comme il convient pour un Te Deum, l’œuvre est grandiose, presque toujours collective, avec de rares affirmations solistes. Mais ce sont les chœurs qui ont la part belle, ainsi qu’un grand orchestre savamment et judicieusement servi, Thierry Escaich n’ayant pas lésiné sur sa composition : flûtes, hautbois, clarinettes, bassons, cors, trompettes, trombones, tuba, quatuor de cordes, harpes, triple pupitre de percussions. Avec un tel déploiement, l’œuvre pourrait être écrasante. Mais non, Thierry Escaich a su merveilleusement répartir ces différents éléments afin de proposer une œuvre certes puissante mais toujours harmonieuse . Une œuvre digne d’une cathédrale, une œuvre qui élève l’âme.   

9/10

 

                                                                       Luc Schweitzer

 

Tag(s) : #Musiques, #Eglise, #Compositeur
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