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LOVE ME TENDER

Un film de Anna Cazenave Cambet

 

L’un des bonheurs que dispense ce film, c’est de revoir à l’écran l’une des actrices les plus impressionnantes de notre temps, je veux nommer Vicky Krieps. Sa capacité à se donner à fond pour incarner chacun des rôles qui lui sont confiés est toujours stupéfiante. Elle ne se ménage pas, comme le montre de manière évidente ce film. Clémence, c’est le prénom qu’elle y porte, est une femme séparée mais non encore divorcée de son mari Laurent (Antoine Reinartz) avec qui elle partage la garde de leur fils encore très jeune, Paul. Cela se passe le mieux qu’il est possible dans ces cas-là jusqu’à ce que, à l’occasion d’une entrevue avec Laurent, Clémence lui dise, comme quelque chose de tout naturel qu’il n’y a aucune raison de dissimuler, qu’elle s’est mise à fréquenter et aimer des femmes, en somme qu’elle s’est découverte lesbienne et s’épanouit en tant que telle. Laurent semble prendre cette nouvelle presque avec légèreté. Mais ce n’est qu’apparence car, très bientôt, quelque chose change et celui qui en fait les frais, c’est l’enfant, le petit Paul. Non seulement le voilà qui répugne à, voire même refuse de, passer du temps avec sa mère mais voici que cette dernière est assignée en justice par Laurent qui essaie d’obtenir la garde exclusive de l’enfant.

Adaptation d’un récit autobiographique de Constance Debré (que je n’ai pas lu), le film se concentre dès lors sur la lutte que doit mener Clémence pour continuer à voir son fils. La réalisatrice détaille les étapes d’une bataille qui nécessite, de la part de Clémence, une énergie à toute épreuve. Le reste, tout le reste, de ce qui constitue la vie de cette mère en lutte en devient forcément, et de plus en plus, fragilisé. C’est le cas, en particulier, pour ce qui concerne la vie sentimentale. Clémence continue à fréquenter des femmes, mais, même avec Sarah (Monia Chokri), femme avec qui elle vit une véritable histoire d’amour, la relation finit par se compliquer.

Adepte de la nage, c’est peut-être lorsqu’elle va dans une piscine que Clémence puise des ressources de force et de liberté. Face à la dureté, à l’intransigeance, de Laurent, elle est contrainte de mener un combat exténuant, combat durant lequel elle traverse de multiples étapes : l’incrédulité, l’incompréhension, la révolte, la résignation, etc. Et comment s’y prendre face à la versatilité du petit Paul (parfaitement interprété par Viggo Ferreira-Redier), enfant évidemment manipulable qui peut aussi se réjouir de voir sa mère que refuser obstinément de la rencontrer ? Certaines rencontres doivent d’ailleurs, par décision de justice, avoir lieu sous la surveillance de deux témoins.

Ce film bouleversant bénéficie d’une mise en scène soignée et du talent de ses interprètes. Seul Antoine Reinartz semble parfois surjouer quelque peu. Mais on ne peut que saluer comme il se doit l’ensemble d’une réalisation qui bénéficie peut-être du regard de sa réalisatrice. Ce n’est pas anodin que ce soit une femme qui signe la réalisation d’un tel film. De nombreuses scènes profitent de la justesse de ce regard, entre autres les quelques scènes d’amour lesbien, toutes très ajustées et très belles !   

8/10

 

                                                                       Luc Schweitzer

Tag(s) : #Films
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