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FATHER MOTHER SISTER BROTHER

Un film de Jim Jarmusch.

 

Il est étrange de constater combien les choix esthétiques d’un réalisateur peuvent profiter grandement à un film mais desservir le propos d’un autre film. C’est le cas, me semble-t-il, avec Jim Jarmusch. En 2016, avec Paterson, ce cinéaste nous avait subjugués en se contentant de mettre en scène les beautés simples et les limpides moments de grâce du quotidien. Avec Father Mother Sister Brother, si le même dépouillement est à l’œuvre, ce n’est malheureusement que pour nous plonger dans la banalité et l’ennui ! Il est d’ailleurs symptomatique de constater à quel point l’une des actrices du film (Indya Moore, dans le troisième segment) semble elle-même peu concernée par le rôle qu’elle est chargée d’interpréter. Rien de pire, pour le spectateur, que de voir sur l’écran un acteur ou une actrice manifestement gagné(e) par l’ennui !

Le film ne manque pourtant pas d’une certaine ambition puisqu’il se propose, au moyen de trois parties distinctes, d’explorer quelques ressorts des liens familiaux. C’est le premier segment (Father) qui m’a paru le plus intéressant, parce qu’il ne manque pas de surprendre quelque peu. Disons que le personnage du père (Tom Waits), visité par son fils (Adam Driver) et sa fille (Mayim Bialik) cache bien son jeu afin de se faire passer, aux yeux de ses propres enfants, pour différent de ce qu’il est en vérité. Dans le deuxième segment, dont l’action (si l’on peut parler d’action) se déroule à Dublin, c’est une mère (Charlotte Rampling) qui reçoit ses deux filles pour le thé traditionnel qu’elles partagent chaque année pour se partager leurs nouvelles. Enfin, dans le dernier segment, qui se déroule à Paris, c’est un frère (Luka Sabbat) et sa sœur (Indya Moore), des jumeaux, qui viennent vider l’appartement de leurs parents récemment décédés de manière accidentelle.

Le problème, c’est que, dans chaque cas (un peu moins dans le premier), Jim Jarmush ne semble rien avoir à nous dire sur les liens familiaux que de simples banalités, que des futilités. Peu importe qu’il essaie de relier ces trois segments par des symboliques (la survenue de skateurs, la possession d’une montre Rolex !), cela ne fait que renforcer le sentiment d’insignifiance que l’on ressent tout au long du film. Disons qu’il s’agit là d’un film mineur de Jim Jarmusch et espérons qu’il retrouvera davantage d’inspiration une prochaine fois !   

4/10

 

                                                                       Luc Schweiter

Tag(s) : #Films
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