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MA FRÈRE

Un film de Lise Akoka et Romane Guéret.

 

Après Les Pires, film de 2022 mettant en scène les habitants et, en particulier, les enfants et les adolescents d’un quartier dit sensible de Boulogne-sur-Mer, Lise Akoka et Romane Guéret axent leur nouveau film, une fois encore, sur ces périodes si importantes de la vie que sont l’enfance et l’adolescence. Pour ce faire, elles ont opté pour la remise en service, si l’on peut dire, de deux « héroïnes », Shaï (Shirel Nataf) et Djeneba (Fanta Kebe), qu’elles ont déjà mises en scène dans une mini-série (Tu préfères) créée en 2020 sur Arte.

Dans Ma Frère, Shaï et Djeneba, toujours liées par une grande amitié, ont une vingtaine d’années et essaient, tant bien que mal, de vivre au mieux en dépit des difficultés qui leur sont imposées : Djeneba, entre autres, parce qu’elle doit se soucier de son demi-frère, un nouveau-né, que sa mère, complètement irresponsable, a laissé à une voisine pour s’en aller on ne sait où ; Shaï parce que, membre d’une famille juive croyante et vigilante et, en particulier, d’un frère qui la surveille de près, elle cherche à affirmer son indépendance, entre autres en fréquentant un garçon.

Mais comment s’émanciper si l’on ne peut s’assumer financièrement ? C’est ainsi que toutes deux, ayant réussi à convaincre Sabrina (Amel Bent), la directrice d’un centre de loisirs, sont recrutées dans l’équipe d’encadrement d’une colonie de vacances d’été qui se déroule dans la Drôme. C’est alors que le film entre dans le vif de son sujet, dans le partage, l’attention, mais aussi la distance, entre les animatrices et animateurs et les enfants. En se confrontant à la fois aux enfants et aux autres membres de l’équipe d’animation, Shaï et Djeneba prennent davantage conscience et de leurs capacités et de leurs limites.

Le film, constamment passionnant, explore tous les aspects de la vie quotidienne en colonie de vacances, captant une multitude de petites pépites, tant le naturel des enfants fait mouche à tous les coups. Que ce soit pendant les repas, au cours des veillées, durant les sorties en kayak ou même dans un mémorial de la Shoah, ou encore à l’occasion des baignades, on se régale à voir et à entendre la spontanéité, l’aisance des enfants. Même quand le film aborde des sujets qui, aux yeux des adultes, pourraient paraître délicats, le naturel des enfants reste confondant : ainsi quand, à propos d’un animateur, il est question de son sexe. « Est-ce un garçon ou une fille ? », demande Shaï. La réponse, venue de la bouche d’un enfant, fuse aussitôt : « Les deux ! ».

Tout au long du film, ce qu’on ne peut pas ne pas remarquer, c’est la grande place accordée à la sororité. L’entraide féminine, ce n’est pas quelque chose de vain. Et puis, précisons-le, cette superbe réalisation ne s’encombre pas des clichés habituels sur les jeunes des banlieues. Certes, il y est question de problèmes sociaux et l’on a affaire à l’une ou l’autre scène fort émouvante. Mais, dans l’ensemble, ce qui domine, outre le soleil d’été, c’est la bonne humeur, le plein de joie, et les petites lumières de l’espoir.  

8/10

 

                                                         Luc Schweitzer

Tag(s) : #Films
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