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BUGONIA

Un film de Yorgos Lanthimos.

 

On me demande parfois pourquoi les notes que j’attribue aux films sur ce blog tournent le plus souvent autour de 8/10 ! L’explication est simple. D’une part, quand je fais un tri des films qui sortent en salles, je m’efforce de choisir ceux qui sont susceptibles de me plaire et, comme j’ai un peu de flair, je vois un nombre conséquent de longs-métrages que j’apprécie. Bien sûr, il m’arrive néanmoins de m’infliger des films qui, soit me déplaisent ou m’irritent, soit me plongent dans l’ennui. Lorsque c’est le cas, le plus souvent, je décide de ne rien écrire sur ces films, je préfère les oublier et passer à autre chose. Il y a cependant des exceptions et, de temps à autre, je prends la plume (façon de parler puisque j’écris en tapant sur mon clavier d’ordinateur) pour étriller comme il convient un long-métrage qui m’a particulièrement exaspéré. C’est ce que je fais aujourd’hui à propos du nouveau film de Yorgos Lanthimos, réalisateur grec qui a le don de m’agacer à chaque fois mais dont je persiste à aller voir les films en me demandant pourquoi ils plaisent tant à d’autres critiques ou d’autres spectateurs.

Bugonia est le remake de Save the green planet, film coréen de Jang Joon-hwan de 2003. On y retrouve Emma Stone, actrice fétiche du cinéaste grec qui lui fait subir, film après film, les pires avanies. Car c’est une des particularités du cinéma de Yorgos Lanthimos : malmener, de toutes les manières possibles, le corps féminin (celui d’Emma Stone en l’occurrence) en le soumettant à une enfilade de tortures ! Dans Bugonia, après qu’on lui ait rasé le crâne, elle est attachée comme une bête fauve, frappée, étranglée, électrifiée, et j’en passe !

Une fois de plus, en effet, on a droit à cette sinistre ficelle de scénario d’épouvante qui n’est rien d’autre désormais qu’une sorte de cliché destiné à alimenter la peur : la séquestration. C’est un genre qui ne pouvait que plaire à un cinéaste comme Yorgos Lanthimos, toujours avide de récits sinistres, éprouvants et provocateurs. Le cinéaste grec reprend donc à son compte une histoire abracadabrantesque se fondant sur quelques périls de notre temps. Voici donc à l’œuvre un certain Teddy Gatz (Jesse Plemons), garçon crasseux qui ne doit pas savoir ce que c’est qu’un shampooing et qui, étant apiculteur, s’estime victime des néonicotinoïdes tueurs d’abeilles. Secondé par son cousin Don (Aidan Delbis), garçon à l’air benêt, c’est lui qui kidnappe et séquestre Michelle Fuller (Emma Stone), PDG peu scrupuleuse d’une entreprise pharmaceutique, non pas en vue de demander une rançon mais parce qu’il est convaincu d’avoir affaire à une alien, une extraterrestre infiltrée sur Terre dans le but d’y préparer une invasion.

Dès lors, tout le film tourne en rond dans un interminable dialogue de sourds entre, d’un côté, les divagations complotistes du kidnappeur et de son acolyte et, de l’autre, les tentatives de négociations et les ruses de la femme d’affaires qui cherche à se libérer du piège qui s’est refermé sur elle. Les discussions vont bon train et, parfois, dégénèrent, comme je l’ai dit , en séances de violences, voire de tortures. Gare aux déluges d’hémoglobine ! Ne disons rien du retournement final, un twist comme on appelle ça, pour en laisser la surprise aux éventuels spectateurs. Un twist totalement rocambolesque qui, si l’on n'en était pas encore persuadé, achève de convaincre qu’on a affaire à un nanar !   

3/10

 

                                                                       Luc Schweitzer

Tag(s) : #Films
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