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DOWNSIZING

Un film de Alexander Payne.

 

 

Même si elle n’est pas inédite au cinéma (pensons à « L’homme qui rétrécit » de Jack Arnold en 1957 et au « Voyage fantastique » de Richard Fleischer en 1966), l’idée de réduire les humains jusqu’à les rendre minuscules est exploitée, dans ce film d’Alexander Payne, avec pas mal d’originalité et dans un contexte d’actualité. Le rapetissement des humains devenant, après traitement, des êtres ne mesurant qu’une douzaine de centimètres de haut, se présente en effet comme une réponse aux maux de notre époque : la surpopulation de la planète et les désastres écologiques.

Ce postulat donne lieu à des scènes étonnantes très habilement réalisées : les effets spéciaux y sont pour le moins sensationnels. Mais malheureusement, tant pour ce qui concerne le scénario que pour ce qui concerne les personnages, le film n’est pas totalement satisfaisant. Ou disons qu’il est quelque peu bancal.

Alexander Payne et son coscénariste Jim Taylor semblent ne pas avoir su pleinement exploiter les possibilités offertes par leurs petits personnages. Le scénario se hasarde sur plusieurs voies mais en donnant l’impression de ne jamais aller très loin sur aucune d’entre elles.

Si Paul Safranek (Matt Damon) se décide à intégrer le monde des petits hommes, ce n’est pas pour aider à sauver la planète, mais plutôt pour des raisons totalement égoïstes, c’est-à-dire pour en finir avec ses incessantes difficultés financières. Une fois le pas franchi et le processus de réduction mené à terme, processus qui est fort bien mis en scène, notre homme ne tarde d’ailleurs pas à découvrir que le monde réduit auquel il appartient désormais ne vaut guère mieux que celui qu’il a quitté. Sous les apparences proprettes ne tardent pas à apparaître toutes les bassesses humaines. C’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles, en fin de compte, le héros se décide à quitter l’Amérique pour rejoindre une prétendue communauté idéale de Norvège.

Le film passe d’un endroit à l’autre en effleurant les peurs et les espoirs d’une humanité en péril. Et il le fait en mettant en scène trois personnages principaux : Paul Safranek, son insupportable voisin fêtard joué par Christoph Waltz et Ngoc Lan Tran, une dissidente vietnamienne (Hong Chau) miniaturisée de force et amputée d’une jambe. Autant la relation entre Paul et Ngoc Lan Tran donne lieu à de superbes et touchantes scènes, autant les interventions de Christoph Waltz sont agaçantes, tellement son jeu est outrancier.

Certains critiques affirment avoir perçu dans ce film une morale quelque peu douteuse, à tendance réactionnaire. Pour ma part, je n’ai rien constaté de tel. Disons plutôt que je suis resté perplexe et quelque peu insatisfait. Rien de plus. 

6/10

 

                                                                       Luc Schweitzer, ss.cc.

Tag(s) : #Films
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