Un film de Michel Toesca.
« Risque ta liberté… pour que tous soient un ! ». Ce thème d’année du mouvement picpucien de jeunes étudiants et professionnels Réseau Picpus aurait pu être adopté, pourquoi pas, par Cédric Herrou et tous ceux qui l’ont soutenu pendant ses années de combat en faveur des migrants demandeurs d’asile. Agriculteur de la vallée de la Roya, à la frontière de l’Italie, il symbolisa, à son corps défendant, la cause des migrants et des réfugiés qui tentaient de passer en France, à partir de 2015 et jusqu’à une période récente.
Si Cédric Herrou a mené ce combat, ce n’est pas pour des raisons idéologiques mais humanitaires, l’Etat et les collectivités territoriales se montrant totalement défaillants de ce point de vue. La seule réponse apportée à l’afflux des migrants dans ce secteur de la vallée de la Roya était de les reconduire en Italie d’où, bien sûr, ils s’empressaient de revenir aussitôt jusqu’à la frontière française. Le nombre de migrants ne cessant d’augmenter, Cédric Herrou fut rapidement rejoint par des bénévoles capables d’apporter un concours pour l’alimentation, les soins et même l’enseignement de quelques rudiments de français.
Tributaires des fluctuations législatives concernant les migrants et demandeurs d’asile, Cédric Herrou eut aussi affaire à la justice et dut, plus d’une fois, défendre sa position, y compris, par caméra interposée, lors d’un débat télévisé avec Manuel Valls. Si la préfecture des Alpes-Maritimes fut condamnée à deux reprises en 2017 par le tribunal administratif, Cédric Herrou n’échappa pas, lui non plus, à un rigoureux verdict (quatre mois de prison avec sursis en août 2017). Ce qui ne lui fit nullement renoncer à aider les migrants, y compris en leur faisant traverser les mailles du filet tendu par la police et la gendarmerie.
Portrait d’un homme libre ne se laissant pas intimider, portrait d’un homme pour qui la solidarité et l’entraide sont primordiales, le film de Michel Toesca, s’il n’est certes pas remarquable d’un point de vue strictement cinématographique, n’en garde pas moins toute sa puissance d’interpellation. Le réalisateur a suivi au plus près l’action d’un homme et d’un groupe pour qui les migrants ne sont ni des éléments de statistique ni des entités abstraites mais des personnes réelles qu’il ne peut être question de ne pas accueillir. La lutte n’a pas été vaine puisque, enfin, le Conseil Constitutionnel a validé, début juillet 2018, le principe de fraternité. Venir en aide à un migrant ou un refugié ne peut plus, dorénavant, être considéré comme un délit. Qu’on se le dise !
8/10
Luc Schweitzer, ss.cc.
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LIBRE Bande Annonce (Cannes 2018) Film Français
La Roya, vallée du sud de la France frontalière avec l'Italie. Cédric Herrou, agriculteur, y cultive ses oliviers. Le jour où il croise la route des réfugiés, il décide, avec d'autres habita...
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