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COSMOS

Un film de Germinal Roaux.

 

« Tout est lié », nous rappelait le pape François dans son encyclique Laudato Si pour mieux nous inviter à prendre soin de la « maison commune », notre Terre mise à mal par les actions humaines. Cette conviction que « tout est lié », qui avait été perçue et explicitée par le naturaliste Alexander von Humboldt lors de l’expédition qu’il effectua en Amérique latine durant les années 1799-1804, cette conviction, en l’occurrence plutôt cette croyance, qui est aussi une évidence, préside depuis la nuit des temps au sein de certaines cultures ancestrales, comme celle du peuple maya.

C’est précisément au Mexique, dans un village du Yucatán, que le suisse Germinal Roaux est allé tourner Cosmos, un film qui met en scène la rencontre entre Lena (Angela Molina), une femme cultivée, aimant les lettres et la musique, vivant seule dans une grande propriété entourée d’une nature luxuriante, et Leon (Andrés Catzin), un paysan maya résidant dans une simple masure menacée de démolition par les autorités qui veulent y faire passer une route, Leon dont le réalisateur, de manière subtile, suggère les dons, en particulier celui qui le relie intimement à la nature et aux esprits qui l’habitent.

Comment la connexion entre ces deux personnages si différents, apparemment si éloignés l’un de l’autre, peut-elle se réaliser ? Par l’entremise d’un grand chien noir, échappé à Lena, sa propriétaire, et recueilli par Leon qui la lui ramène, un chien qui serait comme un messager, un passeur, grâce auquel la rencontre devient non seulement effective mais féconde. Lena est malade, elle se sait condamnée à mourir bientôt mais, même si l’ombre de la mort est présente, il n’y a pas grand-chose de morbide dans le film. Hormis un moment de gêne lorsque Lena est surprise dans une position humiliante, c’est quelque chose de paisible et de profond qui se joue entre les deux personnages et qui les rapproche. « Te quiero mucho », dit Lena à Leon.

Hantée par le souvenir d’un mari, mort depuis longtemps, emplissant volontiers sa grande maison de musique (un air de Madame Butterfly par la Callas, une chanson de Violeta Para, ou encore du Bach), Lena danse volontiers, tant qu’elle en a la force, puis, un jour, alors qu’elle avait exprimé sa peur de l’eau, elle accepte d’être conduite par Leon en pleine nature jusqu’à une source et à un bassin empli d’une eau aux vertus apaisantes.

Mis en scène de manière lente et contemplative, peut-être un peu trop lente, le film séduit par sa superbe photographie en noir et blanc et la présence inoubliable des deux acteurs principaux. Et il séduit aussi par une approche juste et belle du service d’autrui, de l’attention à l’autre, de l’ouverture au monde, à l’univers, symbolisée par le mot « cosmos », un mot qui désigne le vaste univers mais aussi une plante toute simple qui s’orne de jolies fleurs !   

7;5/10

 

                                                         Luc Schweitzer

 

 

Tag(s) : #Films
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