Un film de Yuta Murano.
C’est la parade des films d’animation, en ce moment, sur nos écrans, et l’on ne s’en plaindra pas, étant donné les qualités des films proposés. Celui-ci n’a certes pas l’originalité ni la beauté du Sommet des dieux tout comme de La Traversée, deux admirables réalisations sorties, tout récemment, dans nos salles. On a affaire, ici, à quelque chose de plus classique, qui ne se démarque pas vraiment de beaucoup d’autres « animes » japonais. Néanmoins, cette adaptation d’un roman (Bokura no nanokan sensô), lui-même décliné sous forme de mangas, ne manque pas d’un certain nombre de ressources qui le rendent vraiment captivant. J’en distingue trois.
D’abord, il convient de saluer la remarquable utilisation des décors dans lesquels évoluent les personnages, et, tout particulièrement, d’une mine désaffectée dans laquelle se réfugient Mamoru et Aya, le premier étant secrètement amoureux de la deuxième. C’est pour échapper au père d’Aya, résolu à faire déménager sa famille sans tarder, que les deux jeunes gens organisent leur fuite, bientôt rejoints par plusieurs de leurs camarades. Comme nous l’indique le titre, ils vont rester 7 jours dans la mine et les bâtiments adjacents, se défendant becs et ongles d’une part contre la police, d’autre part contre le père d’Aya, accompagné de ses sbires, tous bien résolus à les tirer de là. Dans ce jeu du chat et de la souris (ou plutôt des chats et des souris), les formidables décors de l’usine désaffectée sont utilisés avec une ingéniosité, sans cesse renouvelée, qui contribue énormément à fasciner le spectateur.
Deuxième ressource passionnante de ce film, il met en scène un petit garçon qui, lui aussi, a trouvé un abri dans la mine. Or, il se trouve que ce garçon est un immigré clandestin thaïlandais qui, s’étant égaré loin de ses parents, essaie de se soustraire aux recherches de la police des frontières, bien décidée à s’emparer de lui. Bien sûr, Mamoru, Aya et leurs compagnons prennent fait et cause pour lui, imaginant toutes sortes de ruses pour le préserver de ses poursuivants. Au passage, le film nous apprend que, bien souvent, les migrants thaïlandais qui viennent au Japon sont des victimes de promesses frauduleuses.
Enfin, troisième ressource de ce beau film, certes teintée d’un peu de guimauve, ce sont les révélations que, pour finir, certains des personnages se font les uns aux autres. Comme des confessions de vérité de garçons et de filles qui avaient cru bon de dissimuler, jusqu’à ces aveux, leurs véritables sentiments. Au passage, on remarquera, avec intérêt, la déclaration d’amour que s’adressent, l’une à l’autre, deux des filles du groupe.
Pour un film d’animation qui vise, en priorité, un public de jeunes gens, le bilan me semble nettement positif. Evoquer, dans une même œuvre, la corruption des politiques (cf. le père d’Aya), le sort des migrants et l’homosexualité féminine, pour ce qui me concerne, je trouve cela parfaitement approprié.
7,5/10
Luc Schweitzer, ss.cc.
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7 jours - Bande-annonce VO - Prochainement au cinéma
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