Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

COMPARTIMENT No 6

Un film de Juho Kuosmanen.

 

 

À deux reprises, tout au début du film puis, de nouveau, lors d’une des scènes finales, l’on entend la chanson Voyage Voyage de Desireless : comme une manière de souligner le propos du film, que nous serions tout à fait capables de percevoir sans cette insistance. D’ailleurs, le mot « voyage » est répété deux fois dans la chanson, peut-être pour orienter notre esprit analytique vers ce qui s’impose, sans cela, comme une évidence. Il y a deux formes de voyages dans le film, l’une géographique et l’autre mentale.

Cela manque un peu de subtilité, certes, mais pas de beauté. Laura, la jeune finlandaise, qui se décide à quitter son amie et amante Irina pour entreprendre le long voyage ferroviaire qui doit la mener jusqu’à Mourmansk, tout au nord de la Russie, parce qu’elle veut y voir des pétroglyphes vieux de dix mille ans, Laura est une jeune femme que le réalisateur filme avec une bonne dose d’empathie. Il n’en est pas de même pour ce qui concerne son compagnon forcé (puisqu’ils se retrouvent dans le même compartiment), un jeune russe nommé Ljoha qui apparaît comme quelqu’un de fruste et de peu obligeant. Au point que la première réaction de Laura, c’est de demander à changer de compartiment, ce qu’elle ne parvient pas à obtenir.

Bien sûr, comme le voyage dure plusieurs jours et plusieurs nuits, avec des arrêts, parfois très longs, dans certaines villes, les regards ont le temps nécessaire pour évoluer. Et, comme il fallait s’y attendre, c’est ce qui se produit, malgré tout ce qui oppose les deux personnages : elle, jeune femme éduquée sinon raffinée, lui peu amène et n’ayant pour objectif que de gagner assez d’argent en travaillant dans les mines pour pouvoir monter son propre « business ». Néanmoins, dans cette histoire très balisée, d’un côté comme de l’autre, l’on demeure apte à se laisser surprendre par autrui et, même, au bout du compte, par se laisser séduire. Il ne faut pas se fier aux apparences, on le sait bien, ni juger l’autre avec trop d’empressement.  C’est à la fois touchant et peu original, d’autant plus que le réalisateur tire assez peu partie des décors et des lieux traversés par le train, sauf à de rares occasions. Restent, néanmoins, quelques beaux plans, comme celui où Laura et Ljoha, arrivés à destination, se retrouvent pris dans une tempête de neige quelque part à proximité de Mourmansk. La jeune étudiante et le prolétaire ont fait le beau voyage intérieur qui les a rapprochés l’un de l’autre. C’était très prévisible et c’est néanmoins émouvant. 

7/10

 

                                                                                                   Luc Schweitzer, ss.cc.

 

Tag(s) : #Films
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :